ARTE diffuse Les tombeaux sans noms, le nouveau documentaire de Rithy Panh

Diffusion en mai 2019

Les tombeaux sans noms
Documentaire de Rithy Panh
Co-Auteurs : Christophe Bataille et Agnès Séménaud 
Musique : Marc Marder 
Coproduction : Arte France, Catherine Dussart Production, Anuphead Production (2018,1h56)
Festival de Namur (2018) :  Prix Spécial du Jury et Bayard de la meilleure photographie.
Sélectionné entre autres en 2018 à la Mostra de Venise, Toronto International Film Festival, Festival du film de Telluride… 

Dans sa dernière oeuvre, le cinéaste franco-cambodgien Rithy Panh (S21, la machine de mort khmère rouge, L’image manquante, Exil) évoque la force et la douleur de l’exil, entre rupture, bannissement et renaissance, des films mélancoliques, d’une profonde humanité.
Fidèle à son ambition esthétique et intellectuelle, Rithy Panh approfondit son oeuvre et poursuit son travail d’exploration intime et spirituel avec son dernier documentaire, Les tombeaux sans noms qui cherche une voie d’apaisement. Quand un enfant de treize ans, qui a perdu sous les khmers rouges une grande partie de sa famille, part sur les traces des tombes, de glaise ou d’esprit, que trouve-t-il ? Et surtout, que cherche-t-il ? Des arbres fantomatiques ? Des villages impossibles à reconnaître ? Des témoins effrayés ou mutiques ? Le frôlement d’un frère, d’une sœur, à l’approche de la nuit ? 

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Disponible en DVD en mai 2019

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Quatre décennies après avoir été déporté par les Khmers rouges avec ma famille dans la province de Battambang, je suis retourné sur les lieux de leur disparition. Nous étions onze en quittant Phnom Penh. Seuls deux d’entre nous ont survécu. Mon film veut capter l’invisible présence des morts sans sépulture et combattre l’oubli qui empêche leurs âmes errantes de trouver le repos. J’ai fait ce voyage pour m’asseoir avec les morts. Et pour parler avec eux dans les pagodes, au bord des routes et des fleuves. Aujourd’hui, en grattant la terre, on trouve des ossements, des tissus de couleur déchirés. D’une rizière à l’autre, d’un chantier à l’autre, dans les années khmères rouges, nous avons cassé des cailloux, creusé la terre, arraché des racines. A la saison sèche, le sol était coupant et brûlait sous nos pieds. L’enfant se souvient de tout : les travaux forcés,  la famine, les séparations… et tout au bout la mort. Je suis retourné régulièrement dans ces lieux. Je n’ai pas trouvé de trace des tombes de mon père et de mes neveux. Ni des fosses communes où furent ensevelies ma mère et mes sœurs ? Il faut tendre la main vers l’autre monde. Les morts nous cherchent et nous attendent.
Bien sûr, certains voyages font peur. On les repousse. On en rêve…Chercher les âmes, c’est les inviter à revenir, sans jamais s’effrayer. Il y a tant de morts qui se cherchent une sépulture, une pensée, peut-être un geste ou un regard. Je vous invite à ce voyage.

Rithy Panh

   
Rithy Panh sera l’invité d’honneur des Journées internationales du film sur l’art au Louvre du 25 au 27 janvier avec la projection de quatre de ses films. 
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