Les mauvais genres : trans et féministes, le nouvel épisode du podcast mensuel Un podcast à soi

                  
Mise en ligne jeudi 16 avril 2020
Sur ARTE Radio et les plateformes de podcast

Fort de son succès depuis son lancement, Un podcast à soi est devenu le podcast féministe de référence. Dans ce podcast mensuel sur les questions de genres, de féminismes et d’égalité, Charlotte Bienaimé croise intimité et expertise, témoignages et réflexions et donne notamment la parole à des femmes de toutes classes sociales, de toutes origines, partout en France, dont les voix sont peu ou pas entendues.
 
Transidentité et féminisme
Ce mois-ci, la journaliste se penche sur la question des transidentités qui agite les féministes et qui a engendré il y a quelques mois un conflit inédit au sein du mouvement, certaines militantes remettant en question la place des femmes trans dans les milieux féministes.
Cet épisode aborde cette question et tente de comprendre ce qui se joue dans ces prises de positions. Mais plus que d’insister sur les divisions, il interroge avant tout les alliances possibles, en donnant la parole à des personnes trans et féministes. Leurs témoignages et leurs analyses permettent de nous interroger : qu’est ce que les luttes trans et féministes peuvent s’apporter mutuellement ? Qu’est ce que les parcours trans racontent de notre rapport au genre, à la masculinité, à la féminité, à la binarité ?

 
Des témoignages sensibles
D’Héloïse, 51 ans, qui se définit comme une femme trans, féministe et lesbienne, et de Dal, 35 ans, qui se définit comme une personne trans, non binaire.
La première a transitionné il y a quelques années après avoir mené une vie hétéro et avoir eu deux enfants. Tout en transitionnant, elle découvre le féminisme, qui la libère des injonctions à devoir se plier à ce que serait la “bonne” et “vraie” féminité, à ce qui ferait d’elle une “vraie femme”:  se maquiller, être hétérosexuelle à l’arrivée ou faire une augmentation mammaire par exemple.
Le deuxième raconte les discriminations et injonctions subies à la fois dans la société en général (ne pas être trop efféminé si on veut passer pour un homme) et dans le milieu féministe (ne pas être trop masculin, trop viril, se faire discret). Originaire d’une famille algérienne, il subit aussi aujourd’hui le racisme et les violences policières, car devenu le « garçon arabe ». 

Des paroles d’expert.e.s
Le sociologue Emmanuel Beaubatie insiste sur l’importance de sortir du seul débat sur l’identité, mais de replacer tout cela dans la classe sociale, la race, les sexualités, les trajectoires de vie qui nous font évoluer dans “l’espace social du genre”.
Les chercheuses Karine Espiniera et Maud Yeuse Thomas, fondatrices de l’observatoire des transidentités, parlent quant à elles des questions de genre et de bicatégorisation. Comment aller plus loin ? Comment expliquer la pathologisation des transidentités ? Qu’est-ce que le transféminisme ? Un féminisme par et pour les trans, mais aussi un féminisme qui redéfinit le « nous » de « nous les femmes ».

Un podcast à soi (25)
Prise de son, montage, textes et voix : Charlotte Bienaimé
Réalisation et mixage : Charlie Marcelet
Musique originale : Samuel Hirsch
Lectures : Estelle Clément Béalem
Sélection des textes et accompagnement éditorial : Juliette Hamon
Illustration : Anna Wanda Gogusey

(France, 2020, 60′)
 


Un podcast à soi continue à utiliser la puissance du son, pour nous sentir relié.e.s, nous faire prendre conscience ou nous donner envie d’agir, et continuer à appréhender toutes les questions de société au prisme du genre.
 
À retrouver également sur ARTE Radio :
Sexualité des femmes, la révolution du plaisir
L’horloge biologique, on t’a pas sonnée
Entre femmes
Inceste et pédocriminalité : la loi du silence
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