Événement : ARTE lance Il est temps, une grande enquête participative suivie d’une programmation exceptionnelle sur le web, et à l’antenne en novembre

Alors que la crise liée au Covid-19 ébranle nos sociétés et confirme l’urgence à repenser le monde, les 3 pôles d’ARTE (ARTE France, ARTE Deutschland, ARTE GEIE), NHK World, Upian, YAMI 2, On est prêt et Basis Berlin lancent ce 27 mai l’opération spéciale Il est temps. Loin d’une injonction, ce projet interactif a pour vocation d’interroger et de donner la parole.
Imaginée depuis maintenant plusieurs mois, cette initiative transmédia de portée internationale s’ouvre par une enquête participative en ligne, élaborée par un collectif de sociologues, anonyme et ouverte à tous, et se poursuivra pendant six mois au fil d’événements sur le web avant de se conclure en novembre par une programmation sur ARTE et sur d’autres chaînes en Europe et dans le monde.
En donnant la parole aux internautes, Il est temps compte prendre le pouls de l’ensemble de la société sur les enjeux climatiques, démocratiques et sociaux et proposer à la nouvelle génération d’ébaucher son autoportrait.

 

Une grande consultation 

“Être écolo, c’est un truc de riches” ; “Doit-on arrêter de manger des animaux ?” ; “Faut-il une dictature verte ?” ou encore, ajoutées récemment, “L’épidémie de coronavirus a-t-elle apporté plus de divisions ou plus de solidarité ?”, “La crise du Covid-19 et la crise écologique sont-elles les deux faces d’un même problème ?” ; voici un échantillon de l’enquête créée avec les sociologues du collectif « Quantité Critique ». Constituée de 133 questions, elle sera mise en ligne le 27 mai en Europe et en Asie et accessible en 8 langues.
En abordant six grandes thématiques (le regard sur le passé et l’héritage, la vision du monde contemporain, les chemins de la transition écologique, la projection dans l’avenir, les comportements individuels, la santé publique et l’écologie), le questionnaire invite chacune et chacun, quel que soit son âge, à s’interroger sur l’avenir de la planète, mais aussi sur ses valeurs, sa vision du monde tel qu’il est, l’avenir qu’il souhaite et imagine, les conditions pour y arriver, les comportements de chacun, les chemins d’engagement.
Pour constituer ce corpus important d’interrogations, les équipes se sont appuyées sur l’expertise des chercheurs de “Quantité Critique”, collectif spécialisé dans l’analyse des mouvements sociaux actuels, qui livreront l’analyse des résultats à la fin de l’automne 2020.
La participation comme les réponses au questionnaire sont évidemment anonymes et les résultats, dynamiques et accessibles en temps réel pour les répondants, feront l’objet d’une grande étude sociologique, ainsi qu’à tracer de véritables pistes d’actions. “La force de ce programme consiste à proposer un questionnement intime, tout en permettant aux internautes de se positionner par rapport aux autres. L’objectif est aussi de mesurer où sont les contradictions entre les convictions et les attitudes adoptées”, précise Alexandre Brachet, producteur chez Upian.
Lors de l’analyse des résultats, les sociologues accorderont une place importante aux réponses des 16-34 ans, afin de proposer une photographie de la jeunesse internationale et de son inclinaison au changement. Ce programme interactif fait en effet suite aux grandes consultations “Génération Quoi ?”, portrait de la jeunesse française en 2013, et “Generation What ?” qui sondaient les aspirations, les espoirs et les craintes de la jeunesse européenne en 2016. “Depuis, cette tranche d’âge a transmis de façon ascendante ses préoccupations au reste de la société”, note Margaux Missika, productrice chez Upian. Ce renversement de l’échelle de transmission traditionnelle des valeurs rappelle ce qui s’est produit dans les années 1960. “Avec les marches pour le climat et l’effet Greta Thunberg, c’est la jeunesse qui a mis le dérèglement climatique à l’agenda. C’est elle qui hérite d’un monde que nous leur léguons. Son message irrigue tous les secteurs. Il est temps de l’écouter”, appuie Christophe Nick, producteur chez YAMI 2.

Le questionnairearte.tv/il-est-temps 
 

Une expérience transmédia

Le questionnaire sera enrichi par les vidéos de créateurs YouTube, web ou influenceurs, français et allemands, et de Brut, un des partenaires du projet, qui proposeront des contenus sur le site Web arte.tv/il-est-temps et sur YouTube. Parmi eux, le vidéaste sur YouTube et mentaliste Fabien Olicard, au 1,6 million d’abonnés, répondra à cette question : “Pourquoi le cerveau n’aime pas le changement ?”. Florence Porcel, experte en vulgarisation scientifique dont la chaîne YouTube compte plus de 92 000 abonnés, proposera une vidéo sur l’effet de serre, Parlons Y-stoire (72 000 abonnés) une petite histoire de l’écologie, Castor Mother (50 000 abonnés) s’interrogera sur la place de l’humain au sein des animaux, et 911 avocat (56 000 abonnés) si la Nature doit avoir des droits. En parallèle, 6 vidéastes YouTube allemands viendront enrichir le questionnaire avec des nouveaux contenus. Parmi eux : Breaking Lab (199 000 abonnés), Doktor Whatson (154 000 abonnés) et Kinda Kiri (27 000 abonnés).
Et une fois la campagne lancée, le projet prendra également vie au cours d’événements qui s’étaleront durant six mois. “Grâce à plusieurs partenaires média, des ONG et des associations de jeunes, nous organiserons des discussions et des conférences, selon les conditions permises”, explique Alexandre Brachet (Upian). Un des partenaires de cet ambitieux projet est notamment Génération Erasmus, dont ARTE est fière de partager les valeurs européennes.
Depuis le début de l’épidémie, les demandes pour participer se sont multipliées. “Tout le monde a compris le besoin de s’interroger, la nécessité de penser le monde d’après, et il y a sans doute des milliers de façon de répondre, mais l’envie de comprendre et de partager est forte”, s’enthousiasme Christophe Nick (YAMI 2), qui estime que ce dispositif doit contribuer au débat démocratique. Un partenariat avec le réseau des professeurs de l’Éducation nationale a par exemple été noué afin que les lycéens puissent travailler dès le mois de juin autour du questionnaire, déjà traduit en anglais, allemand et en plusieurs langues asiatiques – thaï, japonais, vietnamien, chinois cantonais, indonésien, en collaboration avec la NHK (diffuseur
public japonais) et le soutien de l’UNESCO. Du côté de l’Allemagne, le projet est en partenariat notamment avec le Deutsches Institut für Wissenschaftsforschung (DIW) et la Humboldt Universität à Berlin.
 

Une programmation à l’antenne confiée aux moins de 35 ans

Point d’orgue de ce grand mouvement, six documentaires seront diffusés sur les antennes non linéaire et linéaire d’ARTE, courant novembre 2020. Lors de ces trois soirées spéciales, les antennes d’ARTE en France, la ZDF en Allemagne, et le réseau “world” de la chaîne de service public japonaise NHK, seront confiées aux moins de 35 ans. Ces six documentaires inédits, imaginés par des réalisateurs et réalisatrices de la nouvelle génération, couvriront l’ensemble du champ abordé par le questionnaire. 

Au programme :
– Big Data portraits, où les résultats de l’enquête interactive seront mis en scène dans une collection de cinq modules d’environ 8 minutes, en motion design, en collaboration avec l’équipe de sociologues intervenant sur l’enquête web ;
– La Base, une immersion dans le quartier général de la mobilisation de la jeunesse pour le climat, ouvert en plein Paris en mars 2019
– How dare you !, structuré autour d’une vingtaine de vidéos mettant en scène la colère de la nouvelle génération sur tous les sujets sensibles révélés par le questionnaire

– Alors, heureux ?, qui, sur le modèle du film de Chris Marker Le joli mai (1963), interroge les jeunes Européens sur leurs désirs profonds dans le monde d’aujourd’hui
– Our Love, qui plonge plus loin encore dans l’intimité des jeunes couples, en les interrogeant sur les relations amoureuses à l’ère actuelle ;
– Rocky, branchés, techno : et maintenant quoi ? se penchera sur la révolution culturelle menée par les jeunesses d’hier et d’aujourd’hui.

Il est temps
Un projet transmédia : une enquête participative en ligne le 27 mai et une programmation spéciale en novembre 2020
Une coproduction : ARTE (ARTE France, ARTE Deutschland, ARTE GEIE), NHK World, Upian, YAMI 2, On est prêt et Basis Berlin
Avec le soutien de l’Agence de la transition écologique (ADEME) et du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC)
(France, 2020)